Jointoiement carrelage extérieur : tout ce qu’il faut savoir pour un résultat durable

La plupart des terrasses carrelées qui se dégradent prématurément ont un point commun : pas un mauvais carrelage, pas une mauvaise colle – des joints mal choisis ou mal posés.

Un joint d’intérieur posé en extérieur, une largeur trop faible, une application sous la pluie : trois erreurs suffisent pour que l’eau s’infiltre, que le gel travaille, et que votre terrasse se soulève au bout de deux hivers. Ce qui suit, c’est ce qu’il faut savoir avant de commencer.

Pourquoi le jointoiement d’un carrelage extérieur est-il si différent de l’intérieur?

En intérieur, un joint travaille dans un environnement stable : température constante, pas d’eau stagnante, aucun gel. En extérieur, c’est une autre histoire.

Les joints de carrelage d’une terrasse subissent des écarts de température qui peuvent dépasser 50 °C entre un mois de janvier et un après-midi d’août. Ces variations provoquent des dilatations et des contractions répétées – et un joint trop rigide finit par craquer.

Le gel est le facteur le plus destructeur. Quand l’eau s’infiltre dans un joint poreux et gèle, elle se dilate d’environ 9 %. Sur des joints fins ou mal scellés, cette pression suffit à éclater le matériau.

Ajoutez les UV, qui dégradent certains liants organiques, et la pluie qui charge les joints en calcaire, et vous comprenez pourquoi les exigences techniques pour l’extérieur sont d’un tout autre niveau.

La pente d’évacuation joue aussi un rôle : une terrasse mal inclinée crée des zones de stagnation qui accentuent l’infiltration. La pente minimale obligatoire est de 1,5 % – sans quoi même les meilleurs joints auront du mal à tenir dans la durée.

Quel est le meilleur joint pour carrelage extérieur?

Jointoiement de carrelage extérieur 1

Il existe trois grandes familles. Le choix dépend du contexte, mais la norme à ne jamais ignorer est la EN 13888, classification CG2 WA : résistance mécanique élevée, imperméabilité à l’eau, résistance à l’abrasion. Sans cette certification sur l’emballage, le produit n’a pas sa place en extérieur – point.

  • Joint ciment flexible (CG2 WA) : le choix le plus répandu. Il absorbe les micro-mouvements, résiste à l’humidité et se pose comme un joint classique. Convient à la majorité des terrasses résidentielles.
  • Joint époxy : composé de résine et de durcisseur, il offre une résistance chimique et mécanique supérieure. Étanche, anti-moisissure, pratiquement imputrescible. La contrepartie : la pose est technique et le coût est sensiblement plus élevé.
  • Mastic élastomère souple : réservé aux joints de dilatation et de périphérie. Sa souplesse lui permet d’absorber des mouvements que ni le ciment ni l’époxy ne tolèrent. Ne s’utilise jamais comme joint courant.

Un produit vendu sans mention CG2 WA en magasin de bricolage peut sembler identique à l’œil nu. La différence se voit deux ans plus tard, au premier hiver difficile.

Largeur, espacement, joints de dilatation : les règles techniques à respecter

La largeur minimale d’un joint de carrelage extérieur est de 4 mm pour un carreau standard. Ce chiffre n’est pas arbitraire : il correspond à la marge nécessaire pour absorber les variations dimensionnelles dues à la chaleur. Pour les carreaux rectifiés (à bords parfaitement droits), on peut descendre à 2 mm – mais pas moins.

Les grands formats posent un problème spécifique. Un carrelage imitation bois ou grande dalle posé en terrasse nécessite des joints de 5 à 8 mm. Plus le carreau est grand, plus sa dilatation absolue est importante, et plus le joint doit être large pour la compenser.

Les joints de dilatation sont obligatoires tous les 20 à 25 m² et doivent mesurer au moins 6 mm de largeur. Ils se remplissent exclusivement avec un mastic élastomère souple – jamais avec du joint ciment, qui craquera à la première contrainte.

Le joint de périphérie, lui, fait 3 mm et court tout autour de la terrasse, entre le carrelage et le mur ou la margelle. Si vous posez du carrelage imitation parquet en terrasse, la diagonale de pose augmente les contraintes : les joints de dilatation sont encore plus importants.

Joint époxy ou joint ciment : lequel choisir pour votre terrasse?

Jointoiement de carrelage extérieur astuces

C’est la question qui revient le plus souvent – et la réponse dépend de votre budget, de votre tolérance à l’entretien, et du contexte d’exposition.

CritèreJoint ciment flexible (CG2 WA)Joint époxy
DurabilitéBonne (10-15 ans bien entretenu)Très bonne (20 ans et plus)
Résistance à l’humiditéBonne si certifié WAExcellente, quasi-imperméable
Facilité de poseAccessible en DIYTechnique, délai de travail court
Coût matériaux8 à 20 €/m²15 à 35 €/m²
EntretienHydrofuge recommandéMinimal

Sur une terrasse de 30 m², l’écart de coût en matériaux seuls peut dépasser 400 €. L’époxy s’amortit sur la durée si vous évitez les retouches et le rejointoiement.

Le ciment flexible reste le bon choix pour un budget serré ou une première pose en DIY – à condition de respecter scrupuleusement la norme CG2 WA et d’appliquer un hydrofuge.

Un point souvent négligé : l’époxy travaille dans un délai très court une fois les deux composants mélangés. Par temps chaud, vous avez parfois moins de 30 minutes pour poser et nettoyer. Si vous n’avez pas l’habitude, les traces séchées sont extrêmement difficiles à éliminer.

Gris, noir, beige : quelle couleur de joint pour carrelage extérieur?

Le joint carrelage extérieur gris est la référence pour une raison simple : il masque les salissures courantes (terre, mousse débutante, traces de pluie) et reste neutre avec la quasi-totalité des carreaux.

C’est le choix le plus sûr sur le long terme, surtout si votre terrasse est exposée aux feuilles mortes ou à la terre de jardin.

Le joint carrelage extérieur noir donne un rendu très graphique et valorise les grands formats clairs. Le problème concret : après chaque pluie calcaire, des voiles blancs apparaissent sur le joint sombre et le font vieillir visuellement très vite. L’entretien est donc plus fréquent qu’on ne l’anticipe.

Le joint beige ou ton pierre séduit sur catalogue – il donne une continuité visuelle avec les carreaux naturels. En pratique, il fixe davantage les salissures vertes (algues, mousse) et jaunit parfois de façon inégale selon l’exposition.

Si votre terrasse est ombragée ou humide une partie de l’année, cette teinte vieillit mal et demande un nettoyage régulier à l’acide doux pour rester présentable.

Comment faire des joints de carrelage pour un sol extérieur?

Jointoiement de carrelage extérieur pro

Avant de commencer, attendez au minimum 24 heures après la pose du carrelage. La colle doit être suffisamment sèche pour ne pas bouger sous la pression de l’outil. Nettoyer les espaces de joint : soufflez la poussière, retirez les croisillons, vérifiez qu’aucun résidu de colle ne dépasse dans le joint.

  • Préparation du mortier : mélangez votre joint CG2 WA selon les instructions fabricant, en ajoutant l’eau progressivement. La consistance doit être crémeuse, ni trop liquide ni trop ferme. Pour l’époxy, mélangez les deux composants exactement dans les proportions indiquées.
  • Application : étalez le joint en diagonale avec une raclette en caoutchouc pour forcer le produit dans les espaces. Travaillez par zones de 1 à 2 m² maximum.
  • Premier nettoyage : après quelques minutes (quand le joint commence à prendre), passez une éponge humide bien essorée en diagonale. Ne jamais passer l’éponge dans le sens du joint – vous creuseriez le produit frais.
  • Nettoyage des voiles : un voile laiteux apparaît souvent après séchage. Utilisez un produit nettoyant acide adapté au carrelage, 24 à 48 heures après la pose.
  • Traitement hydrofuge : appliquez un hydrofuge pénétrant 7 jours après le jointoiement. Ce délai est nécessaire pour que le joint soit totalement carbonaté. Un hydrofuge appliqué trop tôt ne pénètre pas correctement.

L’erreur la plus fréquente en DIY : laisser le joint sécher trop longtemps sur la surface du carrelage avant de nettoyer. Sur un carrelage poreux ou non émaillé, le joint ciment peut marquer définitivement si vous dépassez 20 à 30 minutes sans nettoyer.

Quand est-ce qu’il faut faire les joints de carrelage extérieur?

La fenêtre idéale : entre +5 °C et +30 °C, par temps sec, avec au moins 48 heures sans pluie prévues après la pose. En dessous de 5 °C, le mortier ne prend pas correctement et reste friable. Au-dessus de 30 °C, il sèche trop vite en surface et craque.

En pratique, le printemps (avril-mai) et la fin de l’été (septembre) sont les meilleures saisons pour jointoyer une terrasse extérieure. L’été peut poser des problèmes par forte chaleur – travaillez alors tôt le matin, à l’ombre si possible. L’hiver est à proscrire sauf dans les régions les plus tempérées.

Ce qui arrive quand on joint sous la pluie ou juste avant : le temps de séchage peut passer de 24-72 heures à 5-10 jours, et la résistance finale du joint est définitivement altérée. L’eau dilue le liant cimentaire pendant la prise. Ce n’est pas récupérable : le joint restera poreux et se dégradera plus vite.

Les joints de carrelage extérieur poreux : un problème souvent sous-estimé

Jointoiement de carrelage extérieur pro avis

Un joint poreux, c’est un joint qui absorbe l’eau plutôt que de la rejeter. Sur une terrasse, cela crée un cycle destructeur : l’eau entre, stagne dans le joint, favorise le développement de mousses et d’algues, et en hiver, gèle – éclatant progressivement le matériau de l’intérieur.

Les signes d’alerte à surveiller régulièrement :

  • Apparition de mousse verte ou noire sur les joints (premier signe d’humidité persistante)
  • Joints qui s’effritent au doigt ou s’écaillent par plaques
  • Soulèvement de carreaux en périphérie ou aux points bas
  • Infiltration visible sous le carrelage après une pluie importante

Un joint non certifié CG2 WA posé en extérieur peut devenir poreux en moins d’un an. Le traitement hydrofuge préventif, appliqué 7 jours après la pose, divise par trois la fréquence de remplacement selon les données fabricants. C’est un geste simple qui prolonge radicalement la durée de vie de l’ensemble.

Pour enlever des joints de carrelage dégradés, plusieurs méthodes existent selon la profondeur et la dureté du produit à retirer – l’outillage adapté fait toute la différence.

Comment refaire les joints de sa terrasse extérieure?

Avant de refaire les joints d’une terrasse, la première étape est le diagnostic. Grattez légèrement un joint au cutter : s’il s’effrite facilement, il est temps d’intervenir. S’il résiste, vérifiez surtout les zones à risque – périphérie, seuils de porte, zones ombragées.

Le rejointoiement d’une terrasse suit ce protocole :

  • Décaissement : retrait des anciens joints sur une profondeur d’au moins 2/3 de leur hauteur. Mécaniquement avec une meuleuse d’angle et un disque à joint, ou chimiquement avec un décapant acide pour les joints très altérés. Le décaissement mécanique est plus précis mais demande du soin pour ne pas rayer le carrelage.
  • Nettoyage : soufflez les résidus, lavez au jet à pression modérée, laissez sécher complètement avant de reprendre.
  • Choix du nouveau produit : profitez du rejointoiement pour passer à un produit de qualité supérieure si l’ancien joint était inadapté. Si votre budget le permet, c’est le bon moment de choisir l’époxy pour ne plus y revenir.
  • Application : même protocole qu’une pose neuve – éponge en diagonale, nettoyage des voiles à 24-48 h, hydrofuge à 7 jours.

Le rejointoiement complet, avec main-d’œuvre et matériaux, revient entre 15 et 50 €/m² selon l’état des joints et le produit choisi. Un professionnel sera plus rapide et limitera les risques de rayures sur le carrelage lors du décaissement.

Prix du jointoiement carrelage extérieur : budget DIY vs professionnel

Jointoiement de carrelage extérieur pro pose

Voici les fourchettes à retenir pour budgéter votre projet :

PosteTarif indicatif
Joint ciment sec (sac)2,50 à 7,50 €/kg
Joint ciment pâte prête à l’emploi5 à 15 €/kg
Joint époxy (matériaux seuls)15 à 35 €/m²
Joint ciment flexible (matériaux seuls)8 à 20 €/m²
Pose professionnelle (joints uniquement)30 €/m² en moyenne
Pose professionnelle (colle + joints)30 à 50 €/m²
Rejointoiement complet (MO + matériaux)15 à 50 €/m²

Le DIY est envisageable pour une terrasse de taille modeste avec du joint ciment flexible. Les erreurs les plus coûteuses en autonomie sont le mauvais nettoyage (voiles définitifs sur carrelage naturel) et le décaissement trop agressif lors d’un rejointoiement.

Pour une terrasse de plus de 40 m², un sol en pierre naturelle, ou si vous envisagez l’époxy, un artisan est un investissement qui se justifie. Pour le dosage des mortiers et mélanges en sac, les repères pratiques restent utiles pour estimer vos quantités.

Un point souvent oublié dans le budget : le matériel – raclette caoutchouc, éponges en quantité, seau, protection des joints de dilatation. Comptez 20 à 40 € d’outillage de base pour une pose DIY.

Un joint bien choisi peut tripler la durée de vie de votre terrasse

Les terrasses se dégradent rarement à cause du carrelage lui-même. Ce sont les joints qui cèdent en premier, laissent l’eau travailler, et transforment un chantier soigné en galère de rénovation cinq ans plus tard.

Choisir un joint certifié CG2 WA, respecter les largeurs minimales, poser par temps sec et appliquer un hydrofuge à 7 jours : ces quatre décisions, prises en amont, font toute la différence.

Un jointoiement bien réalisé dès le départ, c’est une terrasse que vous n’avez pas à retoucher avant 10 à 15 ans. Réfléchi et exécuté dans les règles, c’est l’investissement le moins visible – et le plus rentable – de tout votre chantier extérieur.