Dans les bâtiments classés ou protégés, remplacer les vitrages par du double vitrage standard est souvent interdit : les autorités patrimoniales exigent la conservation des menuiseries d’origine, ce qui bloque toute amélioration thermique sérieuse. Depuis novembre 2024, cette contrainte a une réponse mieux armée réglementairement : FINEO by AGC est devenu le premier vitrage isolant sous vide au monde à obtenir un marquage CE volontaire. Début 2025, l’ift Rosenheim lui a accordé un agrément technique général (aBG) en Allemagne. Le produit quitte le statut expérimental et entre dans le champ des solutions intégrables dans un dossier de marché réel.
Pourquoi ce vitrage intéresse le patrimoine bâti
Le problème des fenêtres historiques est avant tout mécanique : les cadres en bois anciens sont conçus pour recevoir un vitrage simple, avec une feuillure dont la profondeur ne permet pas d’accueillir un double vitrage standard. FINEO repose sur une technologie de panneau sous vide dont l’épaisseur totale est très faible – les valeurs précises sont à demander directement à AGC selon le format de vitrage retenu, car elles conditionnent la compatibilité avec la menuiserie existante. Cette finesse est ce qui permet au produit de s’insérer dans des cadres qui n’ont jamais été prévus pour de l’isolation moderne, sans intervention sur la structure de la fenêtre elle-même.
C’est le bénéfice opérationnel central : conserver la menuiserie d’origine – et donc satisfaire l’autorité patrimoniale compétente sur ce point – tout en améliorant la performance thermique du vitrage. Pour un chantier en maison ancienne, ce type de contrainte de compatibilité dimensionnelle revient systématiquement, quelle que soit la nature des travaux.
Un marquage CE volontaire : ce que ça signifie réellement
Le marquage CE est obligatoire pour les produits de construction couverts par une norme harmonisée européenne. FINEO n’entre dans aucune de ces normes existantes : en tant que produit innovant sans catégorie établie, il n’était jusqu’à présent pas soumis à l’obligation de marquage. L’obtenir de façon volontaire, c’est précisément choisir de se soumettre à une évaluation technique rigoureuse sans y être contraint – ce qui a une valeur de signal fort vis-à-vis des donneurs d’ordre.
Concrètement, ce marquage obtenu en novembre 2024 permet d’intégrer FINEO dans un dossier de consultation des entreprises, de répondre à des marchés publics qui l’exigent, et de justifier le choix du produit auprès d’un maître d’ouvrage ou d’un contrôleur technique. C’est le passage d’un produit que l’on utilise « sous sa responsabilité » à un produit dont la conformité est attestée par un organisme notifié.
L’agrément allemand et ce qu’il préfigure pour l’Europe
L’agrément technique général (aBG) délivré début 2025 par l’ift Rosenheim est une validation nationale allemande. Il autorise l’utilisation de FINEO dans le cadre réglementaire du bâtiment en Allemagne, y compris pour les chantiers soumis à des exigences de performance spécifiques. Le périmètre exact de cet agrément – types de pose, conditions d’utilisation, formats couverts – n’est pas entièrement détaillé dans les sources disponibles à ce stade ; AGC ou l’ift Rosenheim peuvent fournir le document complet.
Ce jalon s’inscrit dans un parcours entamé dès 2018, quand AGC s’est engagé auprès de l’EOTA (Organisation européenne pour l’évaluation technique) pour faire reconnaître son vitrage sous vide. Une ligne pilote « Generation 1.0 » avait suivi en 2019. Six à sept ans de procédures techniques et réglementaires séparent ce premier engagement des certifications obtenues en 2024-2025 – ce délai est celui d’une validation sérieuse, pas d’une mise sur le marché précipitée.
Pour les chantiers hors d’Allemagne, la démarche reste à préciser pays par pays. Chaque État membre dispose de ses propres procédures d’agrément technique national. L’aBG allemand ouvre une voie, et le parcours EOTA fournit une base documentaire réutilisable, mais aucun autre agrément national n’est confirmé dans les sources disponibles à ce jour.
Ce que les certifications ne règlent pas
L’accord de l’autorité patrimoniale reste indépendant du marquage CE. Qu’il s’agisse d’un Architecte des Bâtiments de France, d’un Denkmalschutzbehörde allemand ou de tout organisme équivalent, son accord porte sur la conformité du projet à la protection du bâtiment – pas sur les certifications du produit. Un vitrage mince peut être accepté ou refusé selon l’aspect visuel, la réflexion lumineuse ou d’autres critères propres au statut du bâtiment.
Certains bâtiments protégés imposent explicitement le maintien d’un vitrage soufflé ou de vitraux d’origine. Dans ce cas, aucun vitrage de substitution – même ultra-mince – ne satisfera la prescription, quelle que soit sa performance thermique.
La compatibilité physique de la menuiserie existante doit aussi être vérifiée avant toute décision. Si la feuillure est trop étroite, trop peu profonde ou si le cadre est trop dégradé pour recevoir un nouveau vitrage sans intervention structurelle, la solution ne s’applique pas. Ces dimensions sont à mesurer sur site et à confronter aux spécifications techniques d’AGC.
Pour les chantiers hors Union européenne, le marquage CE n’a pas de valeur réglementaire directe. D’autres certifications locales seraient requises, selon la réglementation du pays concerné.
Mon projet peut-il utiliser FINEO ?
- Statut patrimonial du bâtiment : L’autorité compétente (ABF, Denkmalschutz, etc.) a-t-elle des prescriptions sur le type de vitrage ? Si des vitraux ou un vitrage soufflé sont imposés, FINEO ne peut pas les remplacer.
- Pays du chantier : Le chantier est-il en Allemagne ? L’aBG est valide. Dans un autre pays européen, vérifier auprès d’AGC si un agrément national équivalent est en cours ou disponible. Hors UE, le marquage CE ne suffit pas.
- Compatibilité de la menuiserie : Les dimensions de la feuillure (profondeur, largeur) permettent-elles d’accueillir le vitrage FINEO ? Mesurer sur site et comparer aux fiches techniques AGC avant toute prescription.
- Accord formel requis : Même si les trois points précédents sont favorables, l’accord écrit de l’autorité patrimoniale reste nécessaire avant d’inclure FINEO dans le dossier de marché.
AGC sera présent au salon glasstec 2026, du 20 au 23 octobre à Düsseldorf : c’est le prochain moment public où l’équipe sera disponible pour des échanges techniques sur FINEO, les agréments en cours et les configurations de pose adaptées aux chantiers patrimoniaux.