Sur une menuiserie posée en feuillure, l’eau ne passe pas là où on la cherche. Elle entre par le bas, au niveau du nez de feuillure et du rejingot, puis dans les angles qui remontent de chaque côté. Le reste du pourtour travaille surtout contre l’air. Autrement dit, tout ce qui compte se joue avant de présenter la fenêtre, et rien ne se rattrape une fois le dormant en place.
Pourquoi le compribande sur un mur ancien
Un tableau en pierre de taille, en brique ou en moellon n’est jamais lisse. Avec la pose en feuillure, la menuiserie est plus grande que l’ouverture et vient se loger dans la maçonnerie, ce qui laisse un espace à combler tout autour du dormant. Le fabricant prévoit pour cela un jeu fonctionnel de 5 mm de chaque côté, soit 10 mm entre le dormant et la maçonnerie sur tout le pourtour. C’est un rappel de contexte : la largeur réelle du vide varie d’un tableau à l’autre, et c’est précisément pour cela qu’un produit qui s’adapte vaut mieux qu’un mastic qu’on espère régulier.
Le compribande se pose comprimé, puis se décomprime lentement. En reprenant son volume, il épouse les aspérités du support, là où une cale ou un mastic seul laisserait des vides. C’est l’élément technique qui fait la différence en pose en feuillure sur mur ancien.
Ce que le joint doit assurer
Il remplit trois fonctions à la fois : l’étanchéité à l’eau, l’étanchéité à l’air (les déperditions thermiques) et la perméabilité à la vapeur d’eau, qui limite condensation et moisissures dans la maçonnerie. Le troisième point explique pourquoi on ne bourre pas tout le pourtour de mastic : un mur ancien doit pouvoir respirer, et un joint complètement étanche à la vapeur piège l’humidité dans la pierre.
Une combinaison par zone
La pose se décide zone par zone, pas avec un produit unique sur tout le tour.
- Partie basse : compribande plus cordon de silicone, en remplissant bien les petits trous de la pierre.
- Côtés et haut : compribande seul, pour l’étanchéité à l’air.
La logique est simple. En bas, l’eau stagne, ruisselle et s’infiltre par capillarité dans la moindre cavité ; le compribande ne suffit pas, le silicone sert de seconde barrière. Sur les côtés et en haut, l’enjeu est surtout l’air, et le compribande seul fait le travail sans enfermer le mur.
Avant de présenter la fenêtre : la barrière sur l’appui
La séquence a un ordre qu’on ne peut pas inverser. Avant de présenter la menuiserie, on applique sur l’appui de la maçonnerie une bande de mousse imprégnée (le compribande) ou un cordon de mastic. C’est la barrière initiale pour l’étanchéité à l’eau, et elle ne se pose plus une fois le dormant calé.
Sur un appui en pierre ou en moellon, c’est aussi le moment de reboucher les petits trous. Plus le support est irrégulier, plus cette étape compte : un trou laissé ouvert sous le dormant devient un chemin d’eau que personne ne verra avant les premières traces d’humidité à l’intérieur.
Côté pose du joint, deux conditions de bon fonctionnement : il se place légèrement en retrait par rapport au tableau, et sans allongement ni torsion. Un compribande étiré en le posant perd de son volume au même endroit et laisse un point faible.
Le nez de feuillure : angles, remontées, pas de raccord
C’est la zone la plus exposée aux infiltrations d’eau, donc celle où il faut être précis.
Pas de raccord en partie basse. Un raccord au niveau du rejingot est une jonction de plus exactement là où l’eau cherche à passer. Le joint doit courir d’un seul tenant sur cette zone.
Forcer dans les angles. Le joint et le cordon de silicone doivent être poussés à fond dans les angles, sans laisser de vide à la jonction entre le bas et les côtés.
Faire remonter de chaque côté. Le cordon de silicone et le joint mousse remontent dans la feuillure, à gauche et à droite, sur 20 cm de haut. Si le tour n’est pas complet, le compribande doit remonter sur les côtés d’au moins 100 mm. Ces deux valeurs viennent d’une seule source de pose : prenez-les comme des repères de chantier, pas comme une norme. Dans le doute, remonter plus haut ne coûte rien, remonter trop peu coûte une dépose.
| Situation | Remontée dans la feuillure, de chaque côté |
|---|---|
| Silicone et mousse en partie basse | 20 cm |
| Tour non complet (compribande seul) | au moins 100 mm |
Ce qu’il ne faut pas faire
Ne percez jamais la traverse basse pour fixer la menuiserie. Ce perçage ouvre un passage direct vers l’intérieur, avec un risque d’infiltrations d’eau qui peut obliger à remplacer la menuiserie. C’est l’erreur la plus coûteuse de la liste, et elle ne se corrige pas par un coup de silicone après coup.
Même logique pour le raccord en partie basse : si vous constatez qu’il manque de la longueur de joint, ne rajoutez pas un bout au niveau du rejingot. Reprenez la longueur plutôt que de créer une jonction sur la zone sensible.
Liste de contrôle avant de présenter la menuiserie
- Petits trous de l’appui comblés, surtout en partie basse.
- Barrière posée sur l’appui : compribande plus cordon de silicone.
- Aucun raccord en partie basse (rejingot).
- Joint et silicone forcés dans les angles.
- Remontée de 20 cm de chaque côté avec silicone et mousse, ou au moins 100 mm si le tour n’est pas complet.
- Côtés et haut : compribande seul, légèrement en retrait du tableau, sans étirement ni torsion.
- Aucun perçage de la traverse basse prévu pour la fixation.
Cette vérification se fait fenêtre en main, avant de la présenter : après, plus rien ne s’atteint. Si votre chantier s’accompagne d’un défaut de plancher, par exemple un parquet qui bouge quand on marche dessus, traitez-le à part : il n’a aucun lien avec l’étanchéité de la fenêtre, mais mieux vaut ne pas mélanger les diagnostics d’humidité.
Une limite à garder en tête : les sections de compribande selon la largeur du jeu et le choix précis des produits dépendent de votre tableau et des notices du fabricant. Mesurez le jeu réel à plusieurs endroits avant d’acheter, et suivez les indications du fabricant pour le produit retenu.