Le wago dans un tableau électrique, c’est l’un des sujets qui divise le plus les électriciens. Certains professionnels les posent sans hésiter, d’autres les refusent catégoriquement – et pourtant, la norme, elle, ne les interdit pas.
Voici ce que dit réellement la réglementation, et comment vous y prendre correctement.
Peut-on légalement mettre des wagos dans un tableau électrique?
Oui, vous pouvez utiliser des wagos dans un tableau électrique, à condition de respecter certaines exigences précises.
La norme NF C 15-100 n’interdit pas explicitement les connecteurs rapides de type wago dans un tableau de répartition ou de distribution. Ce qui compte, c’est la conformité du produit et la qualité du contact électrique obtenu.
Le wago doit être adapté à la section des conducteurs raccordés et au courant admissible du circuit. Utiliser un wago sous-dimensionné sur un circuit de 32 A, c’est là que le problème commence – pas dans l’utilisation du wago en elle-même.
Un électricien qualifié peut donc légalement poser des wagos dans votre tableau, sous réserve que l’installation finale soit conforme à la norme en vigueur. La légalité ne se joue pas sur le type de connecteur, mais sur la qualité globale de l’installation.
Quelle norme encadre l’utilisation des wagos en tableau électrique?

La référence principale est la norme NF C 15-100, qui régit l’ensemble des installations électriques basse tension en France.
Elle impose que tout organe de connexion assure un contact électrique fiable, permanent et sans échauffement anormal. Le wago doit donc répondre à ces critères fonctionnels, quelle que soit sa marque.
Sur le plan produit, le wago doit obligatoirement porter le marquage CE et respecter la norme IEC 60998, qui s’applique spécifiquement aux connecteurs de câblage domestique. Ces marquages garantissent que le connecteur a été testé pour la tension nominale, le courant admissible et la tenue mécanique.
Pour un tableau électrique résidentiel, vérifiez systématiquement que le wago est homologué pour une tension de 400 V et un courant correspondant à votre circuit. Les séries Wago 221 ou 222 répondent généralement à ces exigences pour des sections de 0,5 à 6 mm².
Pourquoi le wago est-il parfois interdit et quels en sont les impacts?
Le wago n’est pas interdit par la norme, mais il peut être refusé dans certains contextes précis. Les CONSUEL et certains bureaux de contrôle peuvent émettre des réserves si les wagos sont utilisés sur des circuits à forte sollicitation ou si leur positionnement dans le tableau ne garantit pas un accès correct pour la vérification.
Le risque concret, c’est l’échauffement. Un wago mal inséré, avec un conducteur partiellement engagé, crée une résistance de contact anormale.
Sur un circuit chargé, cela peut provoquer un point chaud, voire un départ de feu. C’est pourquoi certains électriciens le proscrivent par principe sur les circuits de puissance.
Côté assurance, une installation non conforme déclarée après sinistre peut entraîner un refus de prise en charge.
Si votre tableau comporte des wagos posés sans respecter les préconisations du fabricant et que la NF C 15-100 n’est pas globalement satisfaite, votre assureur peut contester l’indemnisation. Ce n’est pas le wago qui pose problème en soi – c’est son usage non maîtrisé.
Comment brancher un wago dans un tableau électrique?

Le branchement d’un wago dans un tableau électrique suit une logique simple, mais chaque étape compte. Voici la procédure correcte :
- Coupez l’alimentation et vérifiez l’absence de tension avec un testeur.
- Dénudez chaque conducteur sur exactement la longueur indiquée par le fabricant – généralement 11 mm pour les séries 221.
- Ouvrez le levier du wago (pour les modèles à levier), insérez le conducteur jusqu’en butée, refermez le levier fermement.
- Tirez légèrement sur chaque fil après insertion pour vérifier le maintien mécanique.
- Contrôlez visuellement que le conducteur est bien visible dans la fenêtre de contrôle transparente.
Les fils rigides (solides ou toronnés de section ≥ 1,5 mm²) s’insèrent directement dans les modèles auto-dénudants. Les fils souples nécessitent impérativement un embout à sertir avant insertion – sans embout, le contact est insuffisant et le risque d’arc électrique existe.
L’erreur la plus courante : dénuder trop long, laisser du cuivre nu à l’extérieur du connecteur. Dans un tableau, c’est un risque de court-circuit immédiat au contact d’une pièce voisine.
Peut-on mettre deux fils dans un même wago?
Oui, c’est précisément l’un des avantages des wagos multi-entrées. Un wago 3 fils, 5 fils ou 8 fils est conçu pour recevoir plusieurs conducteurs dans un même bloc – c’est son usage nominal, pas une tolérance. La série Wago 221 existe en versions 2, 3, 5 et 8 entrées pour répondre à ces besoins.
La limite, c’est la section. Vous ne pouvez pas mélanger des sections trop différentes dans un même wago si le modèle n’est pas prévu pour. Vérifiez toujours la plage de section admissible inscrite sur le connecteur – généralement de 0,5 à 6 mm² pour les modèles courants.
Dans un tableau, cette capacité multi-fils est utile pour regrouper les conducteurs de terre ou de neutre sur un même point de connexion intermédiaire.
Mais pour des circuits de puissance distincts, chaque circuit conserve ses propres connexions séparées – regrouper deux phases actives dans un même wago n’a aucun sens électriquement.
Peut-on utiliser des wagos dans une GTL?

La Gaine Technique Logement est un espace réglementé, défini par la NF C 15-100, qui regroupe les arrivées de réseaux et le tableau électrique principal.
L’espace y est contraint, les câbles nombreux, et la chaleur peut s’y accumuler. Ce contexte rend l’usage des wagos plus délicat, sans les interdire formellement.
Si vous utilisez des wagos dans une GTL, veillez à leur accessibilité permanente : la norme impose que toute connexion reste accessible pour contrôle et intervention. Un wago caché derrière un faisceau de câbles non démontable n’est pas conforme à cet impératif.
En pratique, les connexions dans la GTL se font le plus souvent sur des borniers de tableau ou des plages de connexion dédiées, plus adaptées à la densité de câblage. Le wago peut y trouver sa place pour des connexions ponctuelles, mais il n’est pas l’outil de référence dans ce compartiment.
Le wago remplace-t-il le domino dans un tableau électrique?
Dans les faits, le wago a largement supplanté le domino en installation résidentielle moderne. La pose est incomparablement plus rapide : pas de tournevis, pas de risque de couper un fil en serrant trop fort la vis. Pour un électricien qui câble un tableau complet, le gain de temps est réel.
Sur la fiabilité du contact, les deux solutions sont équivalentes quand elles sont correctement posées. Le domino à vis offre un contact par serrage mécanique direct – certains professionnels lui font encore confiance pour les forts courants.
Le wago à ressort maintient une pression constante, insensible aux microvibrations et aux dilatations thermiques.
| Critère | Wago | Domino |
|---|---|---|
| Vitesse de pose | Rapide (sans outil) | Plus lente (tournevis) |
| Réutilisabilité | Oui (levier) | Limitée (vis) |
| Encombrement | Compact | Variable |
| Conformité NF C 15-100 | Oui (si homologué) | Oui |
| Compatibilité fils souples | Avec embout | Directe |
Le domino reste pertinent pour des raisons de coût ou d’habitude professionnelle. Mais en termes de praticité et d’évolutivité, le wago lui est supérieur dans la grande majorité des situations de tableau résidentiel.
Le wago en boîte de dérivation est-il obligatoire?

Non, le wago n’est pas obligatoire en boîte de dérivation – aucun connecteur spécifique n’est imposé. Ce qui est obligatoire, c’est que toute connexion en boîte de dérivation reste accessible sans destruction de l’ouvrage.
La NF C 15-100 interdit les connexions noyées dans une cloison ou encastrées sans trappe d’accès.
Le wago est néanmoins devenu la solution de référence dans les boîtes de dérivation parce qu’il est compact, sécable et facilement contrôlable. Il remplace avantageusement le domino dans ce contexte, où l’espace est encore plus limité qu’en tableau.
La règle d’accessibilité s’applique donc indépendamment du connecteur choisi. Que vous utilisiez un wago, un domino ou tout autre connecteur homologué, la boîte doit rester accessible après finition – couvercle déverrouillable sans outil destructif.
Quel est le prix des wagos électriques pour un tableau?
Les wagos sont des consommables abordables, mais le coût s’accumule rapidement sur un tableau complet. Voici les fourchettes constatées en grande surface de bricolage et chez les distributeurs spécialisés :
- Wago série 221 – 2 entrées : environ 0,60 à 0,90 € l’unité, soit 6 à 9 € pour un lot de 10.
- Wago série 221 – 3 entrées : environ 0,80 à 1,10 € l’unité.
- Wago série 221 – 5 entrées : environ 1,00 à 1,40 € l’unité.
- Wago série 222 – 8 entrées : environ 2,50 à 3,50 € l’unité.
En comparaison, un domino classique de même capacité revient à 0,10 à 0,30 € l’unité. Le wago coûte trois à cinq fois plus cher que le domino à l’unité – sur un tableau de 20 circuits avec une trentaine de connexions, la différence peut atteindre 30 à 50 €.
Ce surcoût se justifie par le gain de temps à la pose et la facilité de reprise ultérieure. Pour un particulier qui fait une installation unique, le prix reste très accessible. Pour un électricien qui équipe dix tableaux par semaine, le calcul mérite d’être fait.
Au final, le débat sur le wago en tableau électrique ressemble à beaucoup de débats dans les métiers techniques : l’outil n’est ni bon ni mauvais, c’est l’usage qui décide. Un wago correctement posé sur un circuit adapté vaut mieux qu’un domino mal serré sur un conducteur oxydé.